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Le pyomètre chez la chienne non stérilisée

Le pyomètre est une des affections les plus courantes chez les chiennes non stérilisées. Les signes de pyomètre sont souvent détectés tardivement par les propriétaires, ce qui en fait alors une urgence vétérinaire. C’est pourquoi il est important d’en connaître les causes et les symptômes, afin de mieux le prévenir et le guérir.

Qu’est-ce que c’est ?

Un pyomètre (aussi appelé métrite) est une infection grave de l’utérus, qui apparaît généralement entre 6 et 8 semaines après les chaleurs. Il est souvent associé à une hyperplasie glandulo-kystique de l’utérus, qui correspond à une croissance excessive de la muqueuse utérine, accompagnée de la formation de petits kystes. Le pyomètre est dû à une incapacité de la chienne à éliminer les sécrétions produites par les glandes de la paroi utérine : ces sécrétions vont donc s’accumuler et causer une infection bactérienne. Par la suite, une collection de pus va se former dans l’utérus.

Il existe deux types de pyomètre : les pyomètres à col ouvert et ceux à col fermé.

  • Le pyomètre à col ouvert (60% des cas) correspond au cas où, comme son nom l’indique, le col de l’utérus est légèrement ouvert : les sécrétions utérines et le pus peuvent donc s’en échapper sous la forme d’écoulements vulvaires.
  • Le pyomètre à col fermé est la forme la plus grave des deux et constitue une urgence vétérinaire à ne pas sous-estimer. En effet, le col de l’utérus est ici complètement clos : le pus et les sécrétions utérines vont alors s’accumuler à l’intérieur de l’utérus et causer sa dilatation. S’il n’est pas pris en charge à temps, la paroi utérine risque de se rompre, permettant au pus de se répandre dans l’abdomen et de se répandre l’infection à d’autres organes.

Les femelles non stérilisées touchées par le pyomètre

Cette affection ne touche que les femelles non stérilisées. Il n’y a pas de prédisposition de races particulière. Les principaux facteurs aggravants sont l’âge (cela concerne surtout les chiennes de 6 ans ou plus) et la prise de traitements hormonaux. Les chiennes avec un cycle sexuel irrégulier y sont aussi sujettes : par exemple des chaleurs prolongées (supérieures à un mois), un cycle court (inférieur à 6 mois) … Ainsi, le meilleur moyen de prévention de cette affection reste et demeure la stérilisation.

En effet, le pyomètre est causé par un dérèglement hormonal : la chienne produit trop d’hormones sexuelles, ce qui engendre un épaississement du revêtement utérin, d’où la production de sécrétions plus importante et parfois un blocage du col. La cause exacte du dérèglement reste souvent inexpliquée, elle peut néanmoins être liée à l’administration de traitements hormonaux. L’abus de pilules contraceptives, ou un traitement contre les chaleurs par exemple, contribuent à augmenter le risque de pyomètre.

Les Symptômes

Les principaux symptômes sont l’apathie, un abattement soudain dans les deux mois suivant les chaleurs, la perte de poids et d’appétit, une distension abdominale… Si le pyomètre est à col ouvert, on note alors des écoulements vulvaires et de pus blanc laiteux à brun verdâtre, avec parfois un peu de sang. Dans le cas d’un pyomètre à col fermé, la vulve est rouge, et la chienne pourra éventuellement présenter une soif intense, une augmentation de la fréquence et du volume des urines, des vomissements, diarrhées… Ces symptômes s’aggravent ensuite petit à petit, jusqu’à aboutir dans les cas les plus graves à un état de léthargie, un coma…

Pensez à consulter un vétérinaire

Une prise en charge vétérinaire est nécessaire, tout d’abord afin de confirmer le diagnostic. Si le pyomètre est à col ouvert, le diagnostic sera posé assez facilement, à l’œil nu. En revanche, pour un pyomètre à col fermé, des examens complémentaires sont nécessaires : radiographies, échographies abdominales, examens sanguins… À l’imagerie, on note une dilatation utérine anormale et le bilan sanguin montre généralement une augmentation du nombre de globules blancs, du taux d’urée et de créatinine.

Quel traitement ?

Une fois le diagnostic posé, il existe deux solutions différentes en fonction de l’état de santé de l’animal. Le traitement optimal est la chirurgie, accompagné d’un traitement antibiotique. Dans ce cas-là, le vétérinaire pratique une ovario-hystérectomie, qui constitue en l’ablation des ovaires et de l’utérus. Cette solution garantit non seulement la guérison totale, mais permet également d’éviter les rechutes ; il constitue la seule solution viable si l’animal est gravement atteint. Cette chirurgie rend cependant la chienne stérile.

Une autre possibilité est le traitement antibiotique, accompagné d’injections hormonales visant à ouvrir le col de l’utérus et à provoquer des contractions utérines pour permettre l’expulsion des sécrétions. Il s’agit d’un traitement anti-progestérone, accompagné de prostaglandines. Il est souvent réservé aux chiennes trop faibles pour endurer la chirurgie ou aux chiennes reproductrices, et est alors accompagné d’un suivi échographique. En revanche, bien qu’il permette de conserver la fertilité de la chienne, il peut s’avérer long et inefficace. Par ailleurs, le risque de récidive est assez élevé (70%).

 

Le pyomètre est une affection utérine à ne pas prendre à la légère et constitue un risque dont les propriétaires de chienne entière doivent avoir connaissance. Si le pyomètre est pris en charge assez tôt et traité correctement, une chienne atteinte peut parfaitement bien s’en remettre, sans séquelles graves. Il convient seulement d’en repérer les signes et de limiter les facteurs de risque dans la mesure du possible.

 

Apolline Debruyne – École Nationale Vétérinaire d’Alfort (EnvA)

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