Mon chien comprend-il quand je lui parle ?

Désormais, nos compagnons à quatre pattes font partie intégrante de notre quotidien. Combien d’entre nous se sont surpris à parler à leur chien, lui racontant sa journée, tout en se demandant ce qu’il avait bien pu en comprendre ? L’éducation permet d’établir une certaine communication entre un propriétaire et son chien notamment, en associant des mots à des attentes. Nombreux sont ceux aussi qui ont appris des tours à leur animal, élargissant le nombre de mots partagés, ou ceux qui se sont aperçus que leur animal réagissait à certains termes employés, semblant lui évoquer quelque chose de positif. Comme on peut le constater les occasions de communiquer avec son chien ne manquent pas dans la vie de tous les jours. Mais la question qui se pose est la suivante : quelles sont ses réelles capacités de compréhension de notre langage ?
Les chiens reconnaissent des mots par apprentissage et association
De nombreuses études ont montré que les chiens sont capables d’apprendre des mots et de les associer à un comportement ou à un objet. C’est ainsi que l’on parvient à éduquer son chien, les répétitions lui permettant de retenir les associations adéquates. La plupart des études est portée sur l’observation de ce phénomène chez le Border Collie. Une étude de 2011 a montré qu’un Border Collie nommé Chaser était capable de retenir 1022 noms d’objets. Chez la plupart des autres chiens, la moyenne semble culminer à environ 300 mots. Cela représente un large spectre de termes que l’on peut apprendre à son chien afin de faciliter communication et compréhension avec son compagnon.
Les chiens sont également capables de faire eux-mêmes des associations entre certains mots et des éléments de leur quotidien, par auto-apprentissage. En effet, qui n’a jamais remarqué que son chien réagissait aux termes « croquettes », « parc » ou encore « promenade » par exemple ? Ces événements répétitifs dans la vie du chien lui ont permis d’y associer le mot correspondant et de le retenir.
Si les chiens sont capables de retenir ces mots et donc de comprendre ce qu’ils évoquent, c’est parce qu’ils ont la capacité cognitive de comprendre qu’une vocalisation peut être associée à un objet ou à une demande. Dans ce cadre, on peut, par de l’entraînement, faire retenir à son animal plusieurs centaines de mots. Comme toujours avec l’apprentissage chez le chien, il faut se montrer patient et répéter les exercices de manière progressive en récompensant toute réponse positive.
Les chiens sont très sensibles à la communication non-verbale
Si les chiens sont capables de reconnaître un certain nombre de mots du langage humain, ils sont particulièrement sensibles à notre langage non-verbal. En effet, ils sont capables de saisir la subtilité des intonations et de déceler les émotions camouflées derrière elles. Quand l’on félicite son chien, on a tendance à adopter inconsciemment une voix aiguë, qu’ils savent très bien reconnaître comme étant positive.
Les chiens sont également très réceptifs au regard et à la posture. Cela signifie que même s’ils ne « comprennent » pas une conversation, ils peuvent déceler le caractère plutôt positif ou négatif de cette dernière. Ils vont en effet tirer une certaine cohérence des termes utilisés, de l’intonation de voix ainsi que de la posture corporelle globale utilisée afin d’en déduire la signification.
De plus, certaines études montrent que les animaux sont plus sensibles aux phéromones émises. Il est donc possible que, selon les émotions ressenties, nous émettions des phéromones qui seraient capables de les aider à affiner la perception du ton de la conversation.
Ainsi, si l’on veut que notre chien nous comprenne au mieux, il faut continuer à converser autour de lui pour l’aider à entraîner sa reconnaissance des signes et des mots.
La communication humain-chien : résultat d’une co-évolution ?
Des études menées récemment semblent avancer que la compréhension du chien d’une partie de notre langage, ou du moins de sa capacité d’en apprendre certains termes et de reconnaître certains signes non-verbaux, viendraient d’une sélection qui a eu lieu au cours de la domestication.
Il semblerait également que nous nous soyons aussi adaptés au chien dans notre façon de communiquer. Lorsque nous nous adressons à notre animal, nous réduisions notre débit vocal. En effet, un débit plus lent est plus adapté pour se faire comprendre de notre chien et nous en avons inconsciemment l’habitude.
Nos chiens sont donc capables d’apprendre un grand nombre de mots en y associant un objet ou une demande, ce qui améliore et facilite la communication entre un propriétaire et son animal. Leurs capacités cognitives les rendent également capables de réaliser d’eux-mêmes certaines associations entre un mot et un événement. Il est aussi important de noter que nos animaux de compagnie tirent une majeure partie de leur compréhension de nos conversations de notre langage non-verbal. Il semble avoir été prouvé qu’un débit plus lent leur permet de mieux percevoir la signification des mots. Leur parler le plus possible permet de contribuer à leur entraînement de compréhension de notre langage et des émotions qu’il transmet.
Johanne MARTIN, École Nationale Vétérinaire d’Alfort (EnvA)
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