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LES VACCINS : COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

Comment l’organisme se protège-t-il des éléments pathogènes ?

         De nombreux éléments présents dans la nature sont nuisibles pour notre organisme, tout comme pour celui des chats et des chiens. Ils constituent des éléments pathogènes. On compte par exemple parmi eux certains virus et bactéries, et toutes sortes de parasites.

Afin de maintenir son intégrité, l’organisme doit donc mettre en place un système de défense permettant de reconnaître et de lutter contre ces éléments étrangers néfastes : c’est le système immunitaire. Toutefois, les éléments appartenant à l’organisme lui-même (ses cellules, par exemple) doivent impérativement être préservées. L’immunité implique donc des mécanismes de reconnaissance du « soi » et de rejet du « non-soi ».

Tous les éléments biologiques, les éléments pathogènes mais aussi les cellules de nos propres tissus, portent des molécules qui portent en quelque sorte leur identité, qui indiquent à l’organisme leur provenance. Ces composés chimiques sont analysés par notre organisme : s’ils sont repérés comme appartenant à un élément étranger du corps, la réponse immunitaire se met en route. Ces molécules particulières, capables de se lier spécifiquement aux produits de la réponse immunitaire et de générer une réponse de la part de l’organisme, sont appelées antigènes.

Il existe deux types d’immunité, innée et acquise. Elles diffèrent notamment par leur délai de mise en place, les agents employés, les mécanismes de lutte adoptés, leur spécificité et leur efficacité.

L’immunité innée est la première à se mettre en place – en quelques heures à peine. Au contraire de l’immunité acquise, elle est non spécifique : les moyens de lutte mis en place par l’organisme sont presque toujours les mêmes quel que soit l’antigène reconnu comme étranger à l’organisme. Ils impliquent, entre autres, des cellules tueuses capables de digérer l’élément pathogène grâce à des enzymes (les cellules NK « Natural Killer »), des molécules chimiques détruisant l’ennemi en perforant sa membrane (le système du complément) ou des cellules capables de phagocyter, c’est-à-dire de « manger », et de digérer le corps nuisible (les macrophages, les polynucléaires neutrophiles …). Le déclenchement de l’immunité innée s’accompagne le plus souvent d’une réaction inflammatoire.

La réaction immunitaire innée permet ainsi d’éliminer 90% des agents pathogènes. Si elle n’est pas suffisante, un système de lutte plus long à mettre en place (quelques jours) mais plus spécifique et plus efficace est adopté : la réaction immunitaire acquise.

Certaines cellules particulières présentes dans les tissus, comme les macrophages, les cellules dendritiques ou les lymphocytes B, ont la capacité, après phagocytose de l’élément pathogène, de conserver et de disposer sur leur membrane une partie de l’antigène étranger – elles deviennent alors des Cellules Présentatrices d’Antigènes (CPA). Une fois le morceau d’antigène étranger ainsi placé sur leur membrane, elles entament une migration vers les ganglions dans lesquels logent les lymphocytes, à qui elles vont pouvoir « montrer » le morceau d’antigène. Il existe une très grande variété de lymphocytes, qui diffèrent par les récepteurs qu’ils possèdent, initialement générés aléatoirement. Si un récepteur se lie spécifiquement au morceau d’antigène, le lymphocyte qui le porte se multiplie et se différencie en une cellule effectrice très efficace pour lutter contre le pathogène qui porte spécifiquement ce type d’antigène : la réponse est donc spécifique à un élément pathogène. Les lymphocytes T deviennent des lymphocytes T cytotoxiques, capables de tuer une cellule de l’organisme dans laquelle un élément pathogène se développe (un virus ou une bactérie, par exemple) tandis que les lymphocytes B se différencient en plasmocytes capables de synthétiser des anticorps spécifiques de l’antigène reconnu. Ces anticorps sont très efficaces et indispensables pour lutter contre le corps nuisible : en s’agglutinant dessus, ils empêchent la réalisation de certaines fonctions vitales pour l’élément pathogène, favorisent sa phagocytose et sa destruction par des molécules chimiques …

En parallèle, certains lymphocytes T et lymphocytes B, appelés lymphocytes mémoires, porteurs de ce même récepteur spécifique, sont stockés et conservés dans les tissus, et ce malgré une élimination totale de l’élément pathogène et l’arrêt de la réaction immunitaire. Ils constituent la mémoire immunitaire de l’organisme. C’est sur l’existence de ces lymphocytes mémoire que repose le principe de la vaccination.

Quel est le mode d’action des vaccins ?

Lors d’une réaction primaire, c’est-à-dire lors de la première rencontre entre l’organisme et un élément pathogène, l’immunité acquise est certes très efficace mais souvent trop longue à se mettre en place. En revanche, lors d’une réaction secondaire, lorsque l’organisme rencontre pour  la deuxième fois le même élément pathogène, la présence de Lymphocytes T et B mémoire dans les tissus, capables d’interagir avec les Cellules Présentatrices d’Antigènes, de se différencier et éventuellement de re-synthétiser des anticorps plus vite, permet une réaction immunitaire beaucoup plus rapide et forte, et donc beaucoup plus efficace.

La vaccination consiste à mettre en contact l’organisme une première fois avec l’agent pathogène rendu inoffensif en laboratoire, pour que celui-ci constitue sa mémoire immunitaire. Ainsi, lorsqu’il rencontrera l’élément nuisible « pour de vrai », il possèdera déjà un stock de lymphocytes mémoire et sa réaction sera d’emblée plus prompte et plus forte.

Un vaccin contient ainsi plusieurs éléments. Il est principalement constitué de l’élément pathogène ciblé, soit mort, soit vivant, virulent ou atténué. Dans le premier cas, le vaccin est beaucoup moins dangereux, mais aussi moins efficace. Pour augmenter l’efficacité d’un vaccin, il est possible d’ajouter un adjuvant à sa composition : c’est une substance non spécifique, d’autres composés antigéniques d’autres organismes par exemple, qui stimule la réaction immunitaire de l’hôte. La recherche de l’adjuvant le plus optimal, et le moins dangereux, constitue encore aujourd’hui une véritable problématique de recherche pour certains vaccins. La voie d’administration de la substance (voie sous-cutanée, voie intra-nasale …) a également un impact sur les résultats du vaccin.

Dans quels cas administre-t-on un vaccin ?

Les vaccins constituent ainsi des moyens préventifs de lutte très fonctionnels, parfois les plus efficaces, contre les infections par des corps étrangers – virus, bactéries … En France, seul le vaccin contre le rage fait l’objet d’une législation ; toutefois de nombreuses vaccinations sont unanimement recommandées par la communauté vétérinaire.

Chez le chien, par exemple, les vaccins fortement conseillés sont ceux contre la leptospirose, la maladie de Carré, l’hépatite de Rubarth et la parvovirose.

Si vous êtes propriétaires d’un chat, en revanche, il faudra plutôt envisager une vaccination contre le coryza (virus), le typhus et la leucose.

Malheureusement, la vaccination ne permet pas de lutter contre toutes les infections virales et bactériennes. En effet, pour que celle-ci fonctionne, il faut que l’élément pathogène possède exactement les mêmes antigènes lors de sa deuxième rencontre avec l’organisme afin d’être reconnus immédiatement par les lymphocytes mémoire. Or certains virus, comme le VIH, mutent constamment et changent la structure de leurs antigènes d’un  jour à l’autre. Pour certaines maladies parasitaires ou la malaria, le parasite change de structure antigénique entre ses différents stades de développement : il est donc difficile de prévoir une vaccination permettant de prévoir des anticorps pour tous les antigènes possibles. Enfin, certains vaccins, tel celui contre la tuberculose, ne combattent pas toujours très bien les infections latentes : il peut y avoir ré-émergence du virus chez certains individus affaiblis.

Malgré ces quelques exceptions, la vaccination reste un des moyens les plus efficaces de protéger son chat ou son chien contre de nombreuses maladies.

 

Coralie BENOIT – École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA)

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