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La douleur chez les animaux

La douleur est la réponse produite par le cerveau à un stimulus douloureux. Ce stimulus peut être de différentes natures (brulure, coupure …) et est perçu par des récepteurs au niveau de la peau et des organes. Ces récepteurs vont traduire l’information reçue en message nerveux qui remonte jusqu’à la moëlle épinière puis jusqu’au cerveau. Une fois arrivé, le message est interprété et c’est alors qu’on parle de douleur.
Il y a plusieurs composantes à la douleur :
– La composante émotionnelle : c’est la perception que l’on peut avoir de la douleur. En effet, la douleur n’est pas la même selon le contexte émotionnel.
– La composante cognitive : elle permet de se souvenir qu’un phénomène est douloureux et donc de l’éviter.
– La composante sensorielle : elle permet d’évaluer l’intensité et la localisation de cette douleur.

Comment détecter la douleur ?

La douleur chez l’animal peut être très difficile à détecter, notamment parce que certains animaux, comme les chats ou les lapins, ont tendance à cacher le fait qu’ils souffrent. De plus, l’interprétation de la douleur est très subjective et pour un même animal, une personne trouvera que l’animal est douloureux alors qu’une autre sera persuadée qu’il n’a pas mal.

Il existe cependant des grilles de scores pour aider à détecter la douleur et éviter au maximum cette subjectivité. Elles sont spécifiques d’une espèce (ce n’est pas la même grille que l’on utilise chez le chat ou chez le chien) et classent les postures et l’attitude de l’animal selon le degré de douleur. Il en existe plusieurs. Par exemple, la GAPSC (échelle de Glasgow de douleur aiguë pour chat) est un outil qu’on peut utiliser pour noter la douleur d’un chat. Cet outil se présente sous la forme de questions avec des réponses valant entre 0 et 4 points. Ces questions nous invitent à observer le chat dans sa cage, la position de ses oreilles, ses mimiques faciales, sa réaction lorsqu’on s’approche ou qu’on l’appelle. On additionne ensuite le nombre de points des différentes réponses et on interprète. Si la note obtenue est supérieure ou égale à 5/20, c’est que le chat souffre et qu’il faut réagir pour le soulager.

Il est aussi possible de doser certains paramètres sanguins pour savoir si l’animal a mal ou non, comme le cortisol, les béta-endorphines ou le glucose. En pratique, notamment lors de chirurgie, le paramètre observé est plutôt l’augmentation de la fréquence cardiaque.
D’une manière générale, il faut toujours considérer que si une situation est douloureuse pour l’Homme, elle l’est aussi pour l’animal (ex : toute chirurgie est douloureuse et doit inclure une prise en charge pré, per et post-opératoire de la douleur).

Comment gérer la douleur ?

Il existe différentes façons de lutter contre la douleur. On peut utiliser des techniques d’anesthésie locale ou des molécules antalgiques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) (comme le méloxicam) ou les opioïdes (comme la morphine) font partie de ces molécules.

Il faut cependant faire attention car ces techniques peuvent avoir des effets secondaires. Ainsi les AINS peuvent éventuellement provoquer des ulcères d’estomac, les morphiniques peuvent avoir un effet excitateur chez le chat ou des effets néfastes sur la respiration et les vomissements font partie des effets secondaires de la morphine … De plus certaines de ces molécules sont toxiques pour les chiens et les chats. C’est le cas du paracétamol (AINS), molécule qui peut tuer un animal en cas d’ingestion. Il est donc important de ne pas utiliser ces anti-douleurs n’importe comment.

Pour aider à mieux la gérer, il a été créé des paliers de la douleur.
Il en existe 3 : légère (ex : prises de sang), modérée (ex : exploration de la cavité abdominale …) et sévère (ex : chirurgie entrainant des troubles persistants…). Selon le palier, la prise en charge n’est pas la même :

  • Palier 1 : on utilise des AINS, par exemple dans les quelques jours suivant une opération.
  • Palier 2 : AINS et opioïdes faibles (opioïdes n’agissant que sur des douleurs faibles ou modérées) avec possibilité d’anesthésie locale. Le palier 2 de la douleur peut être considéré soit spontanément (lorsque l’on sait que la douleur est modérée) soit dans les cas où les antalgiques du palier 1 ont échoué à soulager la douleur.
  • Palier 3 : AINS et opioïdes forts (opioïdes agissant sur les douleurs sévères) avec possibilité d’anesthésie locale voire d’autres types d’antalgique. De même que pour le palier 2, on peut avoir recours au palier 3 directement (par exemple lors de chirurgie) ou après échec du palier 2 à soulager la douleur.
    On remarque que dès le deuxième palier, la prise en charge de la douleur est multimodale. Ceci permet d’augmenter l’efficacité de la prise en charge et de limiter les effets secondaires.

Douleur chronique

Les parties précédentes traitent de la douleur aiguë c’est-à-dire qui résulte d’un traumatisme et qui disparaitra avec le traumatisme ou peu après (ex : coupure, chirurgie …). Il existe un autre type de douleur, qui apparait en l’absence de traumatisme (ex : arthrose) : c’est la douleur chronique. Ce type de douleur est plus difficile à mettre en évidence. En effet, il y a seulement 4 échelles utilisables pour l’évaluer. De plus, ces échelles se présentent sous la forme de questionnaire à l’intention des propriétaires (ex : sur une note de 1 à 10, quelle a été la douleur de votre animal ces 7 derniers jours ?), elles sont donc très subjectives.

Ces douleurs chroniques sont aussi plus difficiles à traiter car la plupart du temps elles résistent aux traitements du palier 3. Il existe cependant d’autres molécules qu’on peut utiliser en cas d’échec thérapeutique, même si elles sont peu nombreuses en médecine vétérinaire. Certains anti-dépresseurs, comme l’imipramine, ou certains antiépileptiques, comme la gabapentine, peuvent être utiles pour diminuer la souffrance chronique.

Mathilde ROMAN – École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA)

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