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Le coronavirus de nos animaux de compagnie

Depuis 2019, tout le monde a entendu parler du coronavirus responsable de la pandémie mondiale. Ce virus est nouveau chez l’Homme mais pas chez les vétérinaires puisqu’il est responsable de nombreuses pathologies chez les animaux.

Dans cet article, Animaux Santé vous fait une synthèse des différents coronavirus, ainsi qu’un éclairage sur le FCoV provoquant la Péritonite Infectieuse Féline (PIF), dévastatrice chez le chat et sur le CCoV, un des coronavirus du chien.

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1/ Les coronavirus chez les animaux domestiques et de production

Les coronavirus sont organisés en quatre genres : alpha, beta, gamma et delta, récemment découvert. Ils sont responsables d’infections chez de nombreuses espèces aviaires et mammifères, dont l’Homme.

Les maladies qu’ils provoquent chez l’Homme et les animaux domestiques sont variées, mais touchent principalement les systèmes respiratoires et digestifs.
Les principaux coronavirus habituellement rencontrés sont les suivants :

  • Chez l’Homme, Les coronavirus connus à ce jour appartiennent aux genres Alphacoronavirus (HCoV-229E et HCoV-NL63) et Betacoronavirus (HKU1, HCoV-OC43, SARS-CoV, MERS-CoV et SARS-CoV-2)
  • Chez le porc, plusieurs coronavirus porcins appartenant au genre Alphacoronavirus sont associés à des pathologies intestinales et digestives (PEDV, TGEV, SADS-Cov, PRCV, PHEV, PDCV)
  • Les coronavirus bovins (BCoV) sont quant à eux des Betacoronavirus, qui provoquent des diarrhées néonatales chez les veaux, la dysenterie hivernale chez les adultes et des symptômes respiratoires à tous les âges
  • Les oiseaux sont majoritairement infectés par les Gammacoronavirus : ainsi, chez les volailles, le coronavirus de la bronchite infectieuse (BIV) est un agent pathogène aviaire hautement infectieux. Deux autres virus, proches, ont été isolés chez d’autres galliformes : le coronavirus de la dinde (TCoV) et le coronavirus entéritique de la pintade (Gf-Cov)
  • Chez le chat, le coronavirus félin (FCoV) responsable de la péritonite infectieuse féline qui appartient au genre Alphacoronavirus
  • Chez le chien, deux coronavirus sont décrits : le coronavirus entérique canin (CCoV), responsable de troubles digestifs qui appartient au genre Alphacoronavirus tandis que le coronavirus respiratoire canin appartient au genre Betacoronavirus, mais bien moins rencontré en pratique
  • Chez le furet, on en a découvert 2 depuis quelques temps : ECE (entérite catarrhale épizootique) et FRSCV (ferret systemic coronavirus-associated disease)

Comme vous pouvez le remarquer, il existe de nombreux coronavirus différents présents chez de multiples espèces pourtant très éloignées les unes des autres. Parmi ces espèces, beaucoup d’entre elles sont souvent rencontrées en consultation de particulier (chien, chat, oiseaux, furet et même porcs).

2/ Le FCoV du chat

L’objectif ici est de mieux comprendre la PIF, maladie au pronostic très sombre chez le chat, issue de la même famille de virus que celui qui a provoqué la pandémie chez l’Homme. On en apprend beaucoup en observant et en étudiant sur les animaux !

La Péritonite Infectieuse Féline, provient de l’infection par le FCoV chez le chat, assez fréquente et malgré le nom elle semble peu transmissible. Cependant, elle est invariablement fatale. Il se peut que la PIF soit synonyme de Pleurésie Infectieuse Féline, car ce liquide peut également s’accumuler dans le thorax.

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Une péritonite est une inflammation du péritoine, membrane séreuse qui tapisse l’abdomen. Le péritoine est une enveloppe qui comprend toutes les viscères abdominales (foie, pancréas, intestin, côlon, estomac, rate). La péritonite est souvent de mauvais pronostic car elle signe une inflammation généralisée de l’abdomen.

On retrouve la PIF majoritairement dans les élevages de chats de races car ils vivent le plus souvent en groupe, et s’infectent mutuellement par leurs excréments, le toilettage mutuel ou le partage des gamelles. Les animaux les plus touchés, sont les jeunes chats de moins d’un 1 an (75%, souvent infectés par la mère) ou de plus de 12 ans.

Il est important de préciser qu’il existe de nombreux porteurs asymptomatiques du FCoV, et que l’infection par le virus n’induit pas forcément les signes cliniques d’une PIF.

Il existe différentes formes de PIF : la PIF humide (forme exsudative), la PIF sèche (non exsudative) et la PIF intestinale.

  • PIF Humide : elle représente environ 60%-70% des PIF. L’exsudat (épanchement de liquides issus de séreuses, ici du péritoine) est riche en protéines et s’accumule dans les différentes cavités abdominales et cavités thoraciques (plus rares). Les symptômes les plus courants sont l’abattement, la perte de poids, les difficultés respiratoires et la distension abdominale
  • PIF Sèche : à l’inverse de la PIF humide, la PIF sèche ne présente pas d’épanchement. Les lésions inflammatoires sont localisées sur les différents organes, et peuvent atteindre les yeux dans 50% des cas, voire le cerveau
  • PIF intestinale : seul le tube digestif est affecté dans ce cas, c’est pourquoi les symptômes sont des diarrhées chroniques, une perte de poids, des vomissements ou des constipations

La PIF se développe souvent suite à un stress important (déménagement, vaccination, stérilisation). C’est une maladie encore très difficile à traiter puisqu’il n’existe pas de traitement efficace pour l’instant.

Seuls des traitements symptomatiques ou de soutien peuvent être efficaces pendant quelque temps, comme des immunosuppresseurs. C’est pourquoi, pour l’instant, la prévention est la meilleure manière d’éviter le sombre pronostic qui attend le chat s’il déclenche une PIF, prévention qui repose souvent sur les épaules des propriétaires !

Il est très important, en tant que propriétaire, de ne pas accoler aux symptômes présentés ci-dessus immédiatement une PIF. Les symptômes sont très généraux et peu spécifiques, seul le vétérinaire pourra diagnostiquer cette maladie.

3/ Conseils de prévention de la PIF

Voici plusieurs conseils pour éviter au mieux l’apparition de cette maladie chez son chat :

  • Minimiser le stress du chaton en évitant les procédures multiples rapprochées dans le temps : stérilisation, vaccination et déménagement
  • Éviter la surpopulation et maintenir des groupes d’animaux stables en limitant les échanges entre groupes d’individus
  • Examiner avec attention les registres d’élevages afin d’identifier les mères et les chatons atteints d’une PIF. Si vous décidez d’adopter un chien ou un chat de race issu d’un élevage, il est intéressant d’interroger l’éleveur sur le pédigré de votre animal
  • Bonne hygiène générale des litières et des gamelles : changements et lavages fréquents, nombre suffisant

Il existe des vaccins pour ce coronavirus aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, mais leur efficacité est remise en cause en France. C’est pourquoi ils ne sont pas disponibles sur le marché français.

4/ Le coronavirus du chien

Chez le chien, les coronavirus peuvent provoquer des troubles digestifs ou des troubles respiratoires suite à l’infection par le coronavirus entérique canin (CCoV) qui appartient aux Alphacoronavirus. Ce coronavirus ressemble dans son mode de contamination au FCoV du chat présenté plus tôt.

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En effet, la contamination se fait par les matières fécales, les gamelles ou les léchages et permet au virus de s’introduire dans les voies du tube digestif pour aller dans les muqueuses de l’estomac et de l’intestin.

Le chien va alors présenter des difficultés pour se nourrir, va éventuellement être victime de vomissements et sera abattu. Les symptômes les plus courants sont les diarrhées sanguinolentes hydriques. Les symptômes étant très généraux, il ne faut pas s’affoler si votre chien les présentent !

Le CCoV est assez rare chez le chien et peu mortel : seuls les très jeunes chiots ou les chiens immunodéprimés (système immunitaire défaillant) peuvent avoir leur pronostic vital engagé. C’est pourquoi il est important de bien surveiller ses chiots !

L’efficacité du vaccin contre le CCoV est controversée mais il existe bel et bien, bien que peu utilisé en pratique. Les mesures de prévention citées ci-dessus contre la PIF s’appliquent aux chiens atteints de coronavirus entérique canin.

Conclusion

Les coronavirus ne sont pas nouveaux et font l’objet de nombreuses études pour tenter de soigner les maladies associées, indépendamment de la pandémie actuelle. Pour la plupart, ce sont des virus difficiles à isoler et à étudier car ils mutent beaucoup.

Avec les récents événements humains, le monde de la santé se concentre sur les coronavirus et le grand public s’intéresse et découvre plus facilement ces virus. Ils sont partout, très peu mortels dans leur globalité, mais très importants en médecine canine !

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Tom ANGELO – École Nationale Vétérinaire d’Alfort (EnvA)

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